Accéder au contenu principal

Contrat d'infortune

 

 

 

A tous ces contrats que nous signons comme une façon de mettre nos vies sous cautions. Aux larmes sourdes tombant comme des pierres lourdes sur le sol des âmes colonisées par la terreur esclavagiste des banquiers, fâcheux dépositaires de nos vies à présent vendues sans en avoir eu le choix.

A ce mal nocturne de nos émois fracassant le silence moribond de la nuit, pâle transfiguration de tant de souffrances résidant en nous. A la violence physique et psychique gravée par le poing et la parole sale et brutale lancées contre tous ceux qui refusent de rentrer sagement dans les rangs et finissant sous les ponts.

A l’ivresse de la désobéissance civile qui s’impose comme une conséquence logique, face à toutes ces chaines accrochées à nos pieds au travers d’un système éducatif, n’ayant d’autre fonction que la servitude docile de l’être qui signe son propre arrêt de mort.

A la femme vertueuse qui accompagnera chacun de nos combats, nous dédions notre corps à son âme déchue par des raisons mystiques et idéologiques, ne respectant aucune logique, si ce n’est le fait de n’accorder aucun amour à l’arbre dont nous sommes pourtant le fruit.

A la sagesse non jouissive de l’individu qui en viendra à comprendre que son unique bonheur réside dans l’acceptation véridique de la mort comme un acte de libération. A la triste réalité de notre acceptation tacite de notre situation d’esclave, sans avoir oser bouger le petit doigt.

A l’impudence de ceux qui gouvernent sans comprendre ce qu’ils font ainsi qu’à la gloire de ceux qui comprennent sans pouvoir gouverner ; nous nous bâterons contre les premiers avec le même courage que leur perversité aura réduit notre vie et celle de nos enfants à une simple donnée numérique.

Il n’y aura aucun pardon, aucun traité de paix et aucune transaction. Aucun pourparlers, aucune reddition et aucune rédemption. Nous sommes morts par le simple fait d’être né et par ce simple fait nos bourreaux s’en trouveront condamnés. Pendu et démembré aux quatre coins d’une île déserte battant pavillon de complaisance dont la porte d’entrée ne pourra être fracturée par un huissier…

L’errance de ceux qui auront fait le choix de se nourrir d’argent, dessinera la route menant vers l’enfer des damnés, chemin que nul n’empruntera dès lors sous peine de connaître la gueule du Diable qui gît par-delà ces contrées où les murs ne seront plus tapissés par des contrats d’infortune éternelle !

Lu et approuvé

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La poule du curé et la ruse du malin

  Tu te lèveras comme tous les matins pour vaquer à tes activités quotidiennes, tu n’en auras même plus conscience. Tu regarderas les gens autour de toi marcher, courir et s’enfuir, tu n’en auras plus conscience. Tu rigoleras par habitude, la vie est ainsi faite, celui qui ne rît pas est quelqu’un qui est en dépression, tu n'auras plus conscience de rire pour le plaisir de l’acte accompli mais bien par sympathie.   Les jours passeront comme des voitures partout autour de toi, tu auras connu tout ce qui est à connaître sur cette Terre que ce soit en mal ou en bien, puis ! Un jour, tu te réveilleras jeune de la vieillesse que tu constateras partout autour de toi. Dieu que le temps passe, tes amis seront tous vieux, desséchés et désœuvrés par une vie qui passe et qui les auras tabassés par la jalousie de celui ou celle pour qui les choses se seront un peu, juste un peu moins bien passées. Dieu qu’il fait sombre, la vie est parfois si sale qu’on dirait qu’il fait nuit en ...

La drague en rêve

            Le buveur souhaite la mort d’une sorte de malaise social, d’une hypocrisie humaine rendant l’autre totalement inapprochable sans le recours à la boisson. Il semble plus facile d’aborder quelqu’un en étant saoul plutôt qu’en étant dans un état normal. Breuvage en main, le prochain semble plus désirable, plus facilement joignable, l’ivresse est une liqueur qui défait les barrières sociales.   Il en restera l’homme et sa boisson, armé de sa nouvelle passion pour lui même, courte et éphémère, mais lui permettant tout de même de se lancer à l’assaut d’une gazelle, tels est dans bien des cas, le but premier de sa consommation mais ne nous y trompons pas, ivresse et alcool ne font pas parties du même combat.             Femme ! Femme ! Je te veux… s’écrie l’homme fort de sa bière en gueulant sur une donzelle, l’ivresse ne rend pas forcément aimable...

Lettre apocryphe d'un déséquilibré

  Il est 10h30 heure locale. Le soleil brille déjà de plein feu sur ce monastère retiré du Bhoutan : voie de sagesse et de rédemption. Je l’attends depuis des heures, des jours, des mois, des semaines. J’attends que son cœur vienne se poser sur la délicatesse de ma détresse, sur le fleuve de ma conscience : j’ai peur. J’ai peur de mes actes passés, je suis toujours aussi effrayé par moi-même mais je ne regrette rien. J’espère simplement qu’un jour mon geste sera compris et que mes paires ne me jugeront pas, sans même m’avoir écouté au préalable. Cela étant, les années passent et la course du temps n’efface pas mes angoisses. J’ai peur d’avoir eu les yeux plus gros que le ventre, j’ai peur d’avoir été jeune. Aujourd’hui, j’attends de savoir, j’attends mon jugement tout simplement. Non pas que je craigne les hommes car je les juge inaptes à pouvoir répondre de mon cas. Je parle d’une chose bien plus énigmatique et problématique que la futilité d’une ...