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L'ignorance du Serpent

      Ce matin, je me suis réveillé tout rampant, le sang froid, avec un physique peu charmant, je me suis réveillé Serpent.     Nul ne sait comment ni pourquoi mais la situation était celle-là et je devais l'accepter de cette manière car je ne pouvais rien y faire.     Sortant de mon panier pour aller travailler, les gens criaient à la vue de mon passage et de ce que je représentais. Je les comprenais évidemment mais je n'avais pourtant aucune envie de leurs faire peur et encore moins de les mordre ni d'être méchant.     J'avais beau hurler dans le vide de mon esprit et siffler autant que je le pus, rien n'y faisait; j'étais devenu un serpent, les gens me jugeaient comme un nuisible.  Petit à petit, je compris de mieux en mieux ce que signifiait le fait d'être différent, aux yeux des hommes, des femmes et des enfants. Il faut dire que certains naissent avec un bras ou une jambe en moins et on les catalogue comme différents, un peu comme dans Elephant man, c
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Deux coups de vis et tu passes à la suivante

Tu tapes ! Tu tapes ! Tu tapes toute la journée. Y’a personne qui va te demander de pondre une idée… Le travail à la chaine c’est de la répétition. De la répétition et encore de la répétition. Je suis juste payé pour planter deux clous et trois visses au bon endroit et au bon moment parce que j’ai deux bras pour pouvoir le faire sinon, le meilleur conseil à donner est de laisser sa tête partir en vacances tout en restant concentré un minimum sur sa tâche. Ce travail n’est pas difficile mais il n’a pas de sens, aucune raison d’être, il rendrait fou un idiot ! La tâche est avilissante, c’est un travail de silence où ne demeure que le bruit des machines. Une fois que j’ai pointé et que mon boulot commence, je sais déjà que je vais répéter les mêmes gestes pendant huit heures et contre ça, il n’y a rien à faire. C’est comme ça et il faut l’accepter ou c’est la porte direction l’usine à drogues dans la rue, une usine qui coûte beaucoup d’argent et qui n’en rapporte pas du tout, autant l

La poule du curé et la ruse du malin

  Tu te lèveras comme tous les matins pour vaquer à tes activités quotidiennes, tu n’en auras même plus conscience. Tu regarderas les gens autour de toi marcher, courir et s’enfuir, tu n’en auras plus conscience. Tu rigoleras par habitude, la vie est ainsi faite, celui qui ne rît pas est quelqu’un qui est en dépression, tu n'auras plus conscience de rire pour le plaisir de l’acte accompli mais bien par sympathie.   Les jours passeront comme des voitures partout autour de toi, tu auras connu tout ce qui est à connaître sur cette Terre que ce soit en mal ou en bien, puis ! Un jour, tu te réveilleras jeune de la vieillesse que tu constateras partout autour de toi. Dieu que le temps passe, tes amis seront tous vieux, desséchés et désœuvrés par une vie qui passe et qui les auras tabassés par la jalousie de celui ou celle pour qui les choses se seront un peu, juste un peu moins bien passées. Dieu qu’il fait sombre, la vie est parfois si sale qu’on dirait qu’il fait nuit en plein jour

La solitude de l'homme du phare

  Sa solitude était si profonde qu’il ne désirait plus rien si ce n’est entendre la voix d’un être… Sa dernière demande n’eut pas été d’entendre Dieu et de pouvoir lui parler dans le fond des yeux mais, il réclamait de la plus tendre des manières qu’une voix qui vive lui réponde dans le silence moribond que connaissent parfois nos cœurs délaissés, là-haut, dans les phares d’où sont guidés les bateaux ballotés dans les tempêtes qu’il faut pourtant savoir aiguiller en homme simple qu’il était. Il s’ensuit que dans une sorte de mal insidieux qui ronge l’intérieur d'un corps qui tremble ; un corps submergé par la cristallisation des sens, un mal si profond qu’on hésiterait à lui donner un nom en langue française se montrant parfois trop faible de quelques syllabes…pour refléter l’état de délabrement de cet homme du phare rongé par ses responsabilités et par le poids du silence. Sans équivoque, notre ermite de la tour de pierre ne sait que trop bien que la flamme du phare doit conti